July 9, 2020

    L’entree n’est pas celle des artistes mais celle de la « plonge centrale ». Une fois n’est pas coutume, il faut passer par les cuisines du Plaza Athenee pour atteindre la suite Haute Couture du palace parisien ferme depuis le mois de mars. Dans l’ascenseur, un emoji souriant rappelle aux employes qu’ils doivent « chuchoter pour пе pas gene es clients». Il n’y en а aucu.n. Avoir le Plaza Athenee rien que pour soiest unluxe que photographes,stylistes,coiffeurs,maquil­leurs, assistants, pourtant rompus aux merveilles de се mornde, semblent apprecier.
Trois molosses flanques de gilets pare-balles et armes jusqu’aux dents font irruption dans la suite. On se croirait dans un film. lls transportent un cageot en plastique Ыеu а l’interieur duquel se trouve une realite а la f ois bien plus belle et Ьien plus prosa’ique: six plantureuses parures qui ont ete nou.rries d’ opales gargantuesques, d’emeraudes et de beryls de la taille d’reufs de poule, leur soif etanchee d’un cocktail de saphirs outremer et de diamants croques comme des morceaux de sucre Ыаnс. А vue de nez, il у en а pour quelque 9 millions d’euros. Les bijoux de cette collection de haute joaillerie devoilee а la rentree, la bien­nommee (Sur )N atu.rel, sont places sur des plateaux rouges. Face а la tour Eiffel, en attendant leur belle.
ll est 12h10. Monica Bellucci «prevue а l0hЗ0» n’est tou­jours pas arrivee. «Je suis sfue que c’est la faute du coiffeur», plaisante gentiment une assistante emergeant d’un immense rayonnage de vetements noirs. Gilles Bensimon, charge de «shooter la divine», avance une autre explication: «Plus elles sont connues, moins elles sont en retard. Une heure et demie, c’est peu. » Selon la theorie du celebre photographe de mode, Monica Bellucci est donc une star. Elle debarque а 12h14, accompagnee de son figaro. Avant de voir son physique, c·’est son accent italien tres prononce qui frappe l’ oreille. Chantant. Solaire. IпesistiЬle. Les louanges suivent. « Que tu es belle ! », «Tu as minci, toi ! » Les deux etant, dans le monde de la mode, irremediaЫement lies. En pantalon et chernise sombres,l’actrice accepte de bon creur les compliments sur sa silhouette de syl­phide. «Dai ! Tu ne me prends plus pour Anita Ekberg … Gilles, je те souviens que quand tu shootais Elle Macpherson, avec planches parisiennes la Callas n’a pas la langue dans sa poche. Lorsque Gilles Bensimon lui demande de ne revetir qu’un col­lier endiamante pour la photographier dans un lit, Bellucci se rebelle. «Quand tu es belle, tu es belle а tout age, mais la c’est quelqu’un de mon age qui pose ! C’est Monica post-Covid ! Je veux jouer autre chose que la fille sexy de 20 ans, nue dans des draps а qui 1′ оп di t: “Vous avez du talent, mademoiselle’.’ D’ail­leurs, tu 1′ as deja faite cette photo, il у а vingt ans … Il у а une saison pour tout. » « La deesse qui parle», selon le photographe, l’emporte en sautant sur lelit,habillee d’une chemise d’homme.
L’actrice enchaine les poses sans coup ferir, portant les pre­cieuses parures avec un naturel confondant. «Monica а une peau а bljoux et une chair а joyaux, c’est pour cela qu’ оп l’avait choi­sie comme amie de la marque dans les annees 1990 », se rappelle un ancien responsaЫe de l’entreprise. Une fidelite rarissime. «De mannequin а comedienne, Cartier а toujours accompagne топ parcours professionnel, souligne l ‘Italienne. Les pieces q ue j’ai portees sur les tapis rouges sont la retrospective demesfilms ! Et puis ces joyaux sont des elements de communication entre les etres. Un Ьijou, c’est aussi un etat d’ame.»
Celui de Cartier surprend car (Sur)Naturel s’aventure dans des territoires singuliers. Il met en lumiere un style inhaЬituel. Rappelons que, des 1904, Louis Cartier а anticipe lArt deco en travaillant le rond et le carre, en ayant une veritaЫe reflexion sur les volumes, la geometrie, la structure d’un Ьijou. Dans le meme temps, la figuration de la faune et de la flore n’a jamais disparu de ses vitrines, avec toutefois un gout notaЫe pour les plantes etranges ( orchidees, cactus … ) et les animaux feroces (felins, crocodiles … ).
Si la nature а toujours ete une source d’inspiration pour la joaillerie fran<;aise, qui la traduit de fashon realiste -une broche representant une rose – ou stylisee- de l ‘or tachete, metonymie d’une panthere-, Cartier la transfigure aujourd’hui par un dessin organique dont la vivacite de trait balaie le vieil antagonisme entre la figuration et l’abstraction.. « Qu’est-ce qui fait la moder­nite d’une piece de haute joaillerie en 2020? inteпoge Pierre Rainero, directeu.r de l’irnage et du patrirnoine de la griffe. C’est ne plus opposer la represen.tation du reel а sa stylisation la plus extreme. Un motif abstrait comme des rayures devient figuratif en evoquant la nature d’un zebre. C’est l’histoire de (Sur)Natu­rel.» En clair, le numero un mondial de la joaillerie demontre toujours la puissance d’une ecriture tres construite, mais il l’enroule d’une espece de touffeur remarquablement feconde. Voici par exemple un collier dont le caractere reptilien est donne par l’indolence hypnotique d’un enorme cabochon d’emeraude de 54 carats, taille comme une tete de vipere et soutenu par un chevauchement en quinconce de diamants et d’onyx, lesquels reproduisent les anneaux mouvants d’une peau de serpent … Cet effet « surnatu.rel » est accentue par des associations de pierres inattendues. Tel cet assemblage d’opales Ыеu violace mixees avec les 71 carats de rose flash d’une kunzite coussin. Cette beaute, tapageuse sur un plateau,affiche au porte un natu­rel desarmant. Мете sensation de transfiguration dans cette parure inspiree par un tillandsia. Le joaillier parvient а sublimer cette plante au physique ingrat via un collier asymetrique ou deux beryls vert d’ eau d’un poids spectaculaire -plus de 80 carats chacun- sont montes en decalage et unis par un faisceau de nervures en diamants et quartz rutile. L’organique n’est jamais anorexique chez Cartier.A 15h32,Monica avertit qu’il faudrait qu’elle dejeune. Le jour ou les pantheres seront veganes n’est pas encore arrive. • Par Fabie1111e Reybaud

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June 27, 2020

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April 29, 2020
April 24, 2020

La divine Italienne s’est réfugiée sur la Côte basque avec ses deux amours, ses filles, Deva et Léonie. Au programme, un strict repli familial et un retour aux valeurs essentielles. À l’extérieur l’attendent Maria Callas au théâtre et des tournages imminents.

est sur la Côte basque que Monica Bellucci a choisi de se confiner : pas pour la beauté des lieux, mais surtout pour que ses deux filles, Deva, 15 ans, et Léonie, 9 ans, puissent voir leur père, son ex-mari, Vincent Cassel, qui y vit une partie de l’année. À l’ordre du jour, un strict confinement familial – ce qui n’est pas pour déplaire à cette casanière revendiquée, mais forcément anxieuse ces temps-ci. Quand nous sortirons de ce moment hors normes, Monica rejoindra la tournée des Lettres & Mémoires de Maria Callas, qu’elle a joué avec succès au Théâtre Marigny, à Paris, et deux tournages : un film à sketchs («sur les fantasmes») des frères Foenkinos, un autre avec . Interview (téléphonique) avec une très belle âme.

Madame Figaro.Quel est l’état d’esprit du moment ?
Monica Bellucci.Une grande tristesse. Comment ressentir autre chose face à une situation inédite, complexe, terrible ? Je pense évidemment à mon pays, l’Italie, le plus touché en Europe. Ma famille va bien, mais ils sont tous là-bas, en Ombrie et dans la région de Côme, sans parler de tous mes amis à Rome. Forcément, nous vivons tous dans la peur, car l’heure est grave et en même temps, j’ai une entière confiance en la médecine, je suis convaincue qu’on va trouver un médicament puis un vaccin. En attendant, nous sommes dans un état de stand-by. Je suis en «mode avion». Comme l’a dit Eduardo De Filippo, un auteur et acteur napolitain, «la nuit doit passer». Cette nuit-là sera probablement longue et éprouvante, mais elle débouchera nécessairement sur quelque chose de neuf.

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Comment se passent vos journées sur la côte basque, où vous êtes confinée ?
Elles se passent au rythme de mes filles. Elles reçoivent des cours scolaires en vidéo et je surveille ça d’un œil vigilant. Il est indispensable qu’elles aient un cadre. Le reste du temps – et il y en a peu -, je lis des scénarios et j’apprends en italien le texte des Lettres de la Callas puisqu’il est prévu que je joue plus tard cette pièce en Italie. Pour le reste, nous sommes très respectueuses des consignes : nous ne sortons pas.

On sait par ailleurs que vous êtes de nature casanière…
Paradoxalement, j’ai toujours mené une vie casanière et ça n’a jamais été un problème. Cela me ramène à mon enfance en province, en Italie, avec mes parents, mes tantes, mes cousines et ma grand-mère. Cette vie-là, confinée, je la connais déjà, même si on ne peut évidemment pas la comparer à la situation dramatique actuelle. La famille, l’éducation, la maison, ce sont des territoires très familiers pour moi. Évidemment, c’est le contraire de ma vie professionnelle, où je n’ai vécu que dans des hôtels et des avions.

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Que vous apprend le confinement ?
On cherche évidemment des éléments positifs dans tout ça. Et puis on prend connaissance du bilan quotidien des morts, et on est rattrapé par l’angoisse. Mais si, vraiment, on veut donner du sens à cet épisode, peut-être sommes-nous en train de redécouvrir des choses simples, parfois négligées, qui sont pourtant si essentielles dans nos vies. Et les fondamentaux : la famille, l’amitié, l’amour.

Ce confinement vous rapproche encore de vos filles, ce qui ne doit pas déplaire à la mamma italienne vous êtes…
Il n’y a pas de règle. Chacun fait comme il veut et comme il peut, ce que je dis ne vaut que pour moi. Il y a des femmes qui s’accomplissent formidablement bien sans enfants, mais moi, ce qui me donne de la valeur, ce sont mes filles. Et je suis là pour les aimer : cet amour-là, j’en suis persuadée, il donne une solidité pour la vie. C’est aussi le cadeau que j’ai reçu de mes parents. Ils étaient très protecteurs, mais je dois dire qu’ils m’ont aussi laissé une grande autonomie.

J’ai découvert très jeune la liberté, et cela m’a plu. J’ai commencé le mannequinat à 16 ans; j’allais à Milan ou à Paris, puis je retournais sagement au lycée de Città di Castello, près de Pérouse. Ce mouvement, ces allers et retours entre chez moi et l’extérieur m’ont préparée précocement à ma vie d’adulte, qui a toujours été la même en fait, partagée entre l’aventure, le cinéma, mais aussi un repli nécessaire vers la sécurité et la famille. Je me suis construit un monde à moi qui est très ancré dans la réalité.

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À quoi ressemble cette vie plus cachée ?
Elle n’appelle pas de commentaires particuliers : c’est une vie quotidienne relativement simple, faite de rituels et de gestes répétés.

Vous êtes-vous construite avec vos propres règles ?
Ceux qui me connaissent savent que c’est le cas. Je suis très en phase avec qui je suis. Je vous l’ai dit : j’ai organisé une vie familiale solide, une maison chaleureuse pour mes filles. Ce qui me plaît avant tout, c’est de les voir grandir et de les accompagner jusqu’à leur envol. Mes filles sont les réponses à toutes mes questions. C’est quand elles sont nées, et seulement quand elles sont nées, que j’ai compris ma raison d’être sur cette Terre… À chacun son chemin, son expérience et sa révélation, moi, c’est la maternité, c’est comme ça. Et je vous assure que la chair et la spiritualité se rejoignent.

Quid de la folie artistique ?
Ça, je la réserve exclusivement à ma vie extrafamiliale. La folie, celle qui consiste à sortir du cadre, c’est la folie de la créativité et elle est impérative pour une actrice. Quand on joue un personnage – cela tombe sous le sens -, il est nécessaire d’aller vers autre chose, appelons ça abandon, fantaisie ou folie.

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Quelle est votre plus grande folie ?
Je ne suis jamais entrée dans un cadre et je n’ai jamais vraiment répondu aux injonctions sociales. Par exemple, j’ai eu ma première fille à 40 ans. La seconde à 45. Ce n’est pas tout à fait dans les normes. Et puis, je vais là où mon travail m’appelle : j’ai travaillé un peu partout dans le monde, j’ai fait des films, de la télévision, du théâtre aujourd’hui. Je suis une sorte de gitane. Je n’appartiens à aucun clan, aucune famille. Et il y a aussi le fait que je suis une Italienne qui vit en France : plus tout à fait italienne, pas complètement française. Cela présente ses avantages et ses inconvénients…

Où en êtes-vous de votre carrière d’actrice en ce moment ?
Je ne pensais pas que je continuerais aussi loin et que je travaillerais autant avec des jeunes réalisateurs. Rien n’est dû, j’ai beaucoup de chance et l’excitation est toujours là, même si – et c’est heureux – j’ai appris une certaine forme de détachement. Les priorités ne sont pas les mêmes quand on a 20 ans et quand on a mon âge. Je suis surprise qu’on pense à moi pour des personnages aussi différents que Maria Callas au théâtre ou Anita Ekberg, que j’incarne dans The Girl in the Fountain, un film italien.

Ya-t-il des similitudes entre Maria Callas et Monica Bellucci ?
Il y a des résonances. D’abord, c’est une Méditerranéenne, comme moi. Il y a le cosmopolitisme aussi. Et cette fragilité qui s’accompagne d’une grande force, comme c’est souvent le cas chez les gens du spectacle. Mais ce qui me touche le plus chez Callas, c’est cette sensibilité sans limite, ce don de donner une profondeur à tout. C’est une femme qui s’est battue avec son cœur et pour son cœur. Finalement, elle avait un cœur simple et c’est peut-être ça qui l’a tuée…

Vous avez joué Anita Ekberg, l’actrice légendaire de La Dolce Vita. Avez-vous croisé Fellini au début de votre carrière ?
Je n’ai pas eu cet honneur, pas plus que je n’ai rencontré Mastroianni. Les deux comptent parmi mes admirations absolues. En revanche, j’ai croisé les grandes actrices italiennes de l’âge d’or, Gina (Lollobrigida), Claudia (Cardinale), Virna (Lisi) et Sophia (Loren), bien sûr. Sophia, je l’ai vue à Cannes, l’année où Les Merveilles, dans lequel je jouais, a reçu le Grand Prix du Festival. Elle était sublime, une silhouette incroyable, et puis cette discipline de fer qui sautait aux yeux.

(c) Madame Figaro (France)

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April 23, 2020
April 17, 2020

«Come va? Tutto bene?». La prima domanda è lei a farla. Ed è come ritrovarsi. “Lavoro, sto a casa”, rispondo. «Beato chi oggi può lavorare da casa, soprattutto per scrivere». Stavolta non parliamo di !lm, di progetti, di futuro con Monica Bellucci. Stiamo ferme su questo presente, su questo ora. Anche se l’uragano non è ancora passato, anche se sarà una nottata lunga, c’è una luce in fondo a questa crisi, per Monica Bellucci. Ce la faremo? «Intanto siamo vive, siamo ancora qua. Siamo tutti sulla stessa barca, nella stessa condizione», dice l’attrice, che dopo lo scoppio della pandemia si è trasferita nel Sud-Ovest della Francia, costa atlantica, per quello che de!nisce il suo «con!namento». Lo ha fatto per le sue bambine, Deva, 15 anni, e Léonie, 9, che così si possono incontrare anche con il padre, Vincent Cassel, che sta in una casa accanto. Dalla !nestra, oltre il giardino, il mare. «Non possiamo uscire, ma lo vediamo, da lontano».

Come va, Monica?
«Stiamo tutti bene. Io sono qua sulla costa basca dal 17 marzo con le bambine. Léonie è venuta con un’amica e anche Deva: non sono sola, non siamo sole».
Com’è stato l’impatto con il coronavirus?
«Ho avvertito come un’onda che ha preso una forza enorme, uno tsunami. Nel momento in cui abbiamo sentito che arrivava eravamo già tutti travolti. Non c’è stato modo di fare prevenzione. Quando ne abbiamo sentito parlare era già tra noi».
In Francia che cosa sta accadendo?
«La situazione è tragica. Le rianimazioni sono piene e i francesi hanno chiesto aiuto alla Svizzera e alla Germania. All’inizio c’era chi diceva che era solo un’in!uenza, ma poi sono arrivati i morti, una quantità enorme di morti. Si è capito che questo virus costa la vita a tanta gente, porta dolore a tante famiglie. Io parlo con persone a Parigi che o sono malate o hanno persone malate vicine».
Quando ha preso la decisione di lasciare Parigi?
«Quando ho sentito un ministro dire alla tv che solo a metà giugno si sarebbero visti dei miglioramenti. Era metà marzo, mancavano tre mesi. A quel punto sono partita. Mi sono sentita come se avessi preso l’ultimo treno, da lì non mi sarei più potuta muovere».
Fino ad allora cos’era successo?
«Stavo interpretando Maria Callas a teatro. Ricordo la telefonata che mi è arrivata un venerdì pomeriggio: da stasera lo spettacolo non c’è più. Era comprensibile, vista la situazione. Da allora tutto si è congelato».
Fermarsi, per lei cosa signi!ca?
«Come per tutti, stare a casa vuol dire prendere un altro ritmo. Nel mio caso, poi, signi”ca occuparmi delle bambine mentre fanno lezione a scuola in videoconferenza».
C’è qualcosa di interessante in questa nuova vita?
«Sì, per esempio ho compreso che quello degli insegnanti è un lavoro incredibile. E alcuni sono davvero eccezionali. Sono gli altri adulti che i ragazzi vedono oltre i
genitori. Hanno un’importanza sociale enorme».
Le sue !glie come l’hanno presa?
«All’inizio sono state contente di non andare a scuola, ma più passano i giorni più si rendono conto che andarci non era poi così male».
Che cosa le manca di più?
«Siamo con”nati in prigioni d’oro, le nostre case, rispetto a chi rischia la vita ogni giorno come il personale ospedaliero, però abbiamo solo un’ora d’aria. È come se fossimo tornati tutti bambini a cui dicono come muoversi dalla A alla Z. Ma non c’è altro modo di agire: dobbiamo cooperare stando a casa pensando che ne va della nostra vita e di quella degli altri».
Pensa mai che per tanto tempo non potrà più prendere un aereo, viaggiare, lavorare?
«Io mi sveglio la mattina e apprezzo di essere viva. Tutto il resto viene dopo. Fortunatamente sto bene, sono in grado di accudire le mie “glie. Già se esco da questa situazione ringrazio la vita».
Che cosa è importante per lei oggi?
«Essere obbligata a fare solo cose essenziali fa comprendere quanto di super!uo ci sia nelle nostre vite. Le cose importanti sono poche: gli a#etti, l’amore, l’amicizia. E poi è importante che lo Stato si occupi della gente non protetta, tutti quelli che se non lavorano non possono dar da mangiare ai loro “gli. Un’altra cosa è non lasciare le persone sole, soprattutto se anziane. Se non muoiono di coronavirus muoiono di depressione. Per loro ci deve essere un aiuto dalle istituzioni».
Riesce a leggere, a vedere !lm?
«No, ma credo sia così per tanti che hanno due, tre bambini in casa. Devi preparare da mangiare, far fare i compiti. Chi vive una vita familiare non ce la fa».
Sta in pigiama, si trucca?
«Un po’ mi trucco, ma resto anche molto al naturale. Resto più in vestaglia che con un tubino nero. Sono come tutti gli altri, siamo tutti con”nati nella stessa situazione».
Cosa ci accomuna?
«Il fatto che siamo tutti sospesi, in attesa che succeda qualcosa».

Anche lei va alla ricerca di guanti, mascherine?
«Nelle farmacie francesi non ci sono neanche i disinfettanti. Tutto è razionato. Le mascherine poi le danno solo per i casi gravi».
Come vede il dopo?
«Dovevo girare un “lm a “ne marzo, un altro a giugno. Quando si ricomincerà? Non si sa. Sappiamo solo che dobbiamo avere meno contatti possibile. E aspettare che il mondo della medicina venga fuori con una scoperta che non ci faccia più avere paura di questo virus».
Ha paura?
«So che il Covid-19 è una malattia molto pericolosa, ma non è la peste nera. Si tratta di un’epidemia grave, ma ce ne sono state di peggiori cui l’umanità ha sempre fatto fronte. Siamo tecnologicamente più avanzati di un tempo. E io non voglio vedere la catastrofe, voglio vedere la luce».
Come ce la faremo?
«Non lo so, ma l’uomo ha grandi capacità di adattamento. Quando “nirà tutto scopriremo quale sarà il mondo nuovo a cui dovremo adattarci. Credo che ci saranno nuove leggi economiche e politiche. Intanto ci stiamo rendendo conto che certi comportamenti e certe maniere di vivere forse non funzionavano più. E anche della caducità della vita, del fatto che dobbiamo relativizzare molte cose. E in”ne che gli abbracci, le relazioni, gli a#etti sono le cose per cui la vita merita di essere vissuta».
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