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2017, may — Mixte (France) — MONICA BELLUCCI : «VOICI UNE FEMME QUI N’EST PLUS DANS SA PREMIÈRE JEUNESSE !»

MONICA BELLUCCI : «VOICI UNE FEMME QUI N’EST PLUS DANS SA PREMIÈRE JEUNESSE !»

Il y a quelques jours à New York, nous avons rencontré ​la plus Italienne des Parisiennes. Maîtresse de cérémonie du Festival de Cannes 2017, Monica Bellucci nous livre un discours à son image : ouvert, vibrant, passionné. Rencontre exclusive.​

Manteau en tulle de soie GUCCI. Ruban en satin MOKUBA. Photo : Francesco Carrozzini. Réalisation : Alexis Roche.

Monica Bellucci est-elle l’incarnation parfaite de la star de cinéma contemporaine ? Aussi magnétique que ses compatriotes Claudia Cardinale ou Sophia Loren, l’audace et la curiosité en plus, son œuvre passe sans effort du cinéma d’auteur (L’Appartement de Gilles Mimouni en 1996, Irréversible de Gaspar Noé en 2002) aux films à gros budgets (Matrix Reloaded en 2013, Spectre en 2015). Le petit écran n’est pas en reste, puisqu’on peut actuellement la découvrir dans la troisième saison de la série à succès produite par Amazon et conçue par Roman Coppola, Mozart in the Jungle, aux côtés de Gael García Bernal. Elle sera également à l’affiche du prochain Emir Kusturica, On the Milky Road. Autour d’un cappuccino au mythique hôtel new-yorkais The Pierre, vêtue d’une robe portefeuille noire et de bottes à très hauts talons, Monica Bellucci continue d’irradier la sensualité et le mystère qui l’ont rendue si captivante dès ses débuts en tant que mannequin. À 52 ans, elle se donne toujours aussi entièrement à son travail d’actrice tout en réussissant à maintenir une aura de mystère autour de sa vie privée. Si elle ne peut rien dire sur sa participation au retour hautement anticipé de la série Twin Peaks, elle est pleine d’entrain lorsqu’elle parle du cinéma indépendant américain – Jim Jarmusch, David Cronenberg et Gus Van Sant figurent parmi ses réalisateurs préférés – ou de Francesco Carrozzini, le photographe qui a signé ses portraits pour Mixte et qu’elle connaît de longue date, puisqu’il est le fils de son amie proche, Franca Sozzani, la rédactrice en chef du Vogue italien, décédée en décembre dernier. Le soir même, on a pu découvrir Monica Bellucci sur le tapis rouge du Met Gala en robe noire Valentino. Le lendemain, elle s’envolait pour Los Angeles avant de rentrer en Europe, une effervescence qui correspond parfaitement à l’esprit vif, animé et piquant de cette femme hors du commun, dont les propos se dégustent tel quel.

Être mannequin

“Tous les mannequins ne peuvent pas devenir actrices, mais toutes les actrices peuvent faire le mannequin. Les actrices savent comment bouger. Une image photographique est figée. Au cinéma, c’est le contraire : tout est mouvement. Ce sont deux façons totalement différentes et opposées d’exister face à la caméra. Tout est question de féminité. On est dans son état naturel quand on est en contact avec sa féminité. La façon de bouger devant la caméra en découle. C’est pour cela parfois que les hommes qui posent sont un peu ridicules. Selon Richard Burton – qui a bien sûr été marié à l’une des plus incroyables actrices du monde – ‘une actrice est un peu plus qu’une femme, et un acteur un peu moins qu’un homme’. Peut-être que l’état d’actrice est le prolongement de la féminité.”

Les débuts

“L’aînée de mes filles, Deva, est si grande et si belle. Elle est très curieuse par rapport aux univers de la mode, du business, du chant, de la danse. Parfois, je lui dis : ‘Calme-toi, prends ton temps’. Et en même temps, il n’y a pas de règles. J’ai fait mon premier shooting quand j’avais 13 ans. C’est arrivé par hasard : un photographe, un ami d’amis, a demandé s’il pouvait prendre quelques clichés de moi. Ensuite, j’ai fait quelques défilés avec un ami de mon père, j’ai terminé le lycée et j’ai commencé à travailler pour de bon. J’ai eu tellement de chance, car j’ai pu faire la connaissance de Bruce Weber, Steven Meisel et Helmut Newton. C’est comme ça que j’ai eu mon premier rôle au cinéma : Roman Coppola a vu une photo de moi, il l’a montrée à son père, c’est ainsi que j’ai rencontré Francis (Ford Coppola, ndlr). J’ai fait une apparition dans Dracula et je me suis rendu compte que je voulais être actrice.”

Le parcours

“C’est drôle, car lorsque j’ai revu Roman à New York il n’y a pas longtemps pour Mozart in the Jungle – dans lequel j’ai un rôle magnifique, celui d’Alessandra, chanteuse d’opéra – il m’a dit : ‘Tu sais que tu devrais me remercier !’ J’ai répondu : ‘Oui, tu as raison !’ Après toutes ces années, j’ai la chance énorme de pouvoir continuer à travailler avec des gens tellement talentueux, comme le réalisateur britannique Sam Mendes ou des réalisateurs américains ou italiens. Bientôt, je rentre en Europe pour faire la promotion du prochain Emir Kusturica, On the Milky Road. J’y parle serbe car je joue une femme serbe. J’ai cette chance incroyable d’être au contact de différentes cultures et de parler plusieurs langues.”

Manteau en tulle de soie GUCCI. Photo : Francesco Carrozzini. Réalisation : Alexis Roche.
Manteau en tulle de soie GUCCI. Photo : Francesco Carrozzini. Réalisation : Alexis Roche. Coiffure : John Nollet. Maquillage : Letizia Carnevale. Assistant photographe : Ed Singleton. Assistante styliste : Monique Nguyen. Digital Tech : Michele Cipriani.

Cannes 2017

“C’est l’un des plus grands festivals du monde, qui a permis de découvrir tant de films et de réalisateurs. De grosses productions, mais aussi des films d’auteurs, qui ont ensuite la possibilité d’être vus dans le monde entier. Cette année, nous avons 29 pays représentés et 12 réalisatrices, toutes sélections confondues. Lorsqu’on est maîtresse de cérémonie, on est là pour mettre en lumière les autres. J’ai accepté cette proposition car sans Cannes, ma carrière serait bien différente. Ce sera mon huitième festival. Je me rappelle la première fois (en 2000, ndlr), c’était pour un petit film, mon premier aux États-Unis, Under Suspicion, avec deux acteurs incroyables, Morgan Freeman et Gene Hackman, et je me sentais si chanceuse d’être là avec eux. Ensuite il y a eu Irréversible, qui a fait scandale. J’ai voulu être maîtresse de cérémonie pour remercier Cannes. Cette année, c’est Claudia Cardinale qui est sur l’affiche, un bel hommage à l’Italie. Je pense que le cinéma a toujours une vraie importance culturelle. Je suis bon public, même si je fais partie du métier. Voir un beau film, c’est comme lire un grand livre ou admirer une toile incroyable : cela vous pousse à réfléchir. À travers le cinéma, on peut entendre des voix issues du monde entier, même s’il est parfois difficile de les écouter à cause des différentes situations politiques. C’est pour cela qu’il m’est si cher.”

L’âge de raison

“Lorsque j’ai fait Spectre, tout le monde s’est écrié : ‘Voici une femme qui n’est plus dans sa première jeunesse !’, comme si c’était du jamais vu. Mais je pense que le regard change enfin, pas seulement en Europe – car nous avons des actrices incroyables comme Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Nathalie Baye, Helen Mirren, Judi Dench… – mais aussi aux États-Unis. Ces actrices n’ont peut-être plus la jeunesse, mais elles ont toujours la beauté, elles ont la possibilité de prolonger leur carrière déjà exceptionnelle. Je crois que ce qui a changé, c’est le fait que les femmes ont bien plus de respect pour elles-mêmes. Si on ne se respecte pas soi-même, personne ne nous regardera avec respect. Je ne pense pas qu’il faille ressembler aux hommes pour atteindre l’égalité. Le rythme des femmes est différent. La créativité n’est pas juste une affaire de maternité. Les femmes sont capables de créer de façons multiples.”

La collaboration

“J’adore permettre aux autres de travailler. Sur les shootings, par exemple, lorsque vous êtes vous-même, vous ne choisissez pas forcément les bonnes photos. La façon dont on se regarde soi-même n’est pas toujours intéressante. Lorsque les gens me coiffent, ils le font bien mieux que je ne le ferais seule. Idem pour le maquillage. Il faut laisser les autres faire leur travail. Si on contrôle tout, on peut perdre beaucoup. C’est bien plus heureux de laisser à chacun l’opportunité de faire partie d’une création – d’une image, d’un film ou d’autre chose. Nous ne sommes pas des êtres isolés. Les gens qui le pensent… alors là, ils peuvent avoir des problèmes. Il faut avoir confiance. Les gens qui ont des idées, je trouve ça incroyable.”



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