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2017, july — Fimina (France) — Monica Bellucci : «Je suis devenue une femme qui raconte une autre féminité»

Monica Bellucci : «Je suis devenue une femme qui raconte une autre féminité»

La Bellissima est émouvante dans On the Milky Road, d’Emir Kusturica. Un rôle très fort qui marque un tournant dans sa carrière et dont elle parle avec passion et générosité.

Par Anne Michelet — Photo : ©Visual Press Agency

« Aujourd’hui, j’incarne une autre femme »

Avez-vous été surprise qu’Emir Kusturica fasse appel à vous ?
Monica Bellucci. Je crois que c’est la première fois qu’il donne un rôle aussi fort à une actrice. C’est vrai qu’Emir est un personnage particulier. Quand il arrive dans une pièce, il crée toujours ce mélange de charme et de méfiance. On ne s’attend peut-être pas à ce qu’il écrive une si belle histoire d’amour et réalise un film si poétique avec un rôle féminin aussi abouti. Je le remercie.

Que vous a-t-il dit quand il vous a contactée ?
Monica Bellucci. « J’avais envie de te faire vibrer, de montrer ton côté vrai, ancestral, terrien. » Comme s’il voulait effacer l’image que j’ai afin de dévoiler la femme qu’il y a derrière. Il m’a aussi dit : « J’ai écrit un rôle pour toi, mais je voudrais que tu sois serbe. » Donc, je suis entrée dans son monde car, grâce au cinéma, on peut tout inventer. Je suis devenue une femme serbe avec une origine italienne. L’histoire qu’il raconte est vraie. Cette femme a une relation amoureuse avec un général important qui tue sa femme pour elle, mais elle le dénonce. Il sort rapidement de prison et fait tout pour la retrouver et la tuer, par vengeance.

Qui est vraiment la belle Nevesta, que vous jouez ?
Monica Bellucci. Mon personnage est assez archétypal mais, en même temps, Nevesta a les pieds sur terre. Il y a cette image de la femme, de la mère, de la nourrice, attentive aux autres. Son passé est mystérieux : on ne sait ni d’où elle vient ni où elle va. Elle est capable de tuer comme une louve quand elle doit se défendre, mais elle est également fragile comme une petite fille. Plusieurs facettes de la féminité coexistent en elle, de la plus forte à la plus vulnérable. Il y a une douceur, une empathie maternelle, mais aussi un danger, comme si on n’arrivait jamais à percer vraiment sa personnalité. C’est un film d’auteur qui dit également que les hommes restent toujours des enfants.

On the Milky Road est une très belle histoire d’amour, ce qui est plus rare chez ce cinéaste…
Monica Bellucci. Oui, celle d’un couple adulte. Ils ne sont pas jeunes. Lui, Kosta, incarné par Emir, a perdu toute sa famille durant la guerre, plus rien ne l’intéresse dans la vie. Même la mort ne veut pas de lui. Elle, Nevesta, fuit un homme qui veut la tuer. Elle est en mode survie, n’attend plus rien. Au moment où ils se rencontrent, quelque chose de magique naît malgré tout. Ce film démontre que l’amour et la sexualité ne sont pas liés à l’âge. Les deux personnages ont des rides, ils n’ont plus la perfection de la jeunesse, mais l’amour et la sensualité existent d’une façon belle et poétique. Tout cela n’est pas souvent représenté à l’écran.

La guerre est aussi omniprésente…
Monica Bellucci. … car Emir Kusturica vient de là. Lorsqu’on va sur la terre des Balkans, on sent la beauté et encore la dureté, le rapport à la mort. Certains bâtiments portent toujours les marques du conflit qui s’est déroulé dans les années 90. C’est encore présent dans l’esprit des gens, on sent les traumatismes. Je crois que tous les films d’Emir ont en commun cette dualité entre la fantaisie et la réalité, la poésie et la cruauté. Tout cela est une manière d’exorciser la violence, la guerre. Pour moi, ce tournage a été une expérience hors du commun.

Il a été une véritable épopée ! Vous n’avez jamais voulu renoncer ?
Monica Bellucci. Personne n’avait prévu que ça allait durer si longtemps. On a commencé à l’été 2013 et on a fini en mars 2016. C’était éprouvant physiquement, mais je ne me suis jamais ennuyée. Emir Kusturica est parvenu à faire s’envoler ma fantaisie, ma création. C’est peut-être le rôle qui m’a fait basculer vers un autre âge. Dans ce film, je me vois différente que lorsque je tournais Irréversible ou Astérix… Je constate que je suis devenue une femme adulte, je porte les traces du temps sur mon visage et, à l’écran, je peux me présenter autrement, raconter une autre féminité. C’est beau. La féminité n’est pas liée au temps qui passe, mais à une question d’énergie. Ce personnage de femme, qui n’a plus la fraîcheur de la jeunesse, peut m’offrir la possibilité d’autres rôles. Ce film est une étape.

Une nouvelle ère se dessine-t-elle pour vous ?
Monica Bellucci. Oui. Notamment avec la série Mozart in the Jungle. J’y joue une cantatrice qui vit une histoire avec un homme beaucoup plus jeune qu’elle. Certains réalisateurs ont une nouvelle manière de regarder les actrices et la femme. Avant, même si elles étaient superbes et talentueuses, passé un certain âge, les comédiennes ne pouvaient plus jouer certains rôles et interprétaient seulement des grands-mères. Ce n’est plus le cas. Quand j’étais jeune, on me disait : « Monica, tu vas travailler, tu es jolie, et après, ce sera fini. » Aujourd’hui, je peux affirmer que c’est faux ! Je ne crois pas que, à 52 ans, on puisse me définir comme jolie. C’est autre chose, un autre style de beauté est apparu. Des actrices comme Judi Dench, Isabelle Huppert, Catherine Deneuve, Nathalie Baye, Julianne Moore sont sublimes. Nous avons créé un autre mouvement et je reconnais que le cinéma français a du respect pour ses actrices.

Comment définiriez-vous votre filmographie ?
Monica Bellucci. Atypique, je dois l’avouer. Je vis en France, mais je ne fais pas partie du cinéma français. Je tourne 007 Spectre avec Sam Mendes, ou dans des séries américaines, mais aussi avec Kusturica. Ce sont des projets si éloignés les uns des autres ! Je suis heureuse d’inspirer des metteurs en scène de talent qui me permettent de montrer aussi ce que j’ai à l’intérieur.

Vers quoi avez-vous envie de vous diriger ?
Monica Bellucci. En ce moment, nous montons une coproduction internationale pour un projet de série télé sur la vie d’une femme très moderne pour son époque. C’est passionnant. Et ça me permet d’avoir du temps pour mes filles, Deva, qui a 13 ans, et Léonie, 7. Depuis qu’elles sont là, je m’organise pour que ma vie professionnelle ne perturbe pas la leur. C’est essentiel ! Jusqu’à présent, je m’en suis bien sortie et je m’en voudrais de manquer des choses. Nous vivons à Paris, c’est l’une de mes bases. Elles sont allées à l’école à Rome, au Brésil. Du coup, ce sont « des enfants de la balle », dans le bon et le mauvais sens du terme. Elles parlent cinq langues. A l’âge de Deva, j’étais très éveillée, même si je venais d’un petit village. Mais elle l’est encore plus que moi ! Son expérience est énorme… Aujourd’hui, les enfants sont incroyables, mais il faut toujours les protéger, car ils restent des enfants. Il faut les accompagner jusqu’à ce qu’ils soient prêts à quitter le nid. Mon instinct maternel vient aussi d’une mère qui m’a aimée. Je pense que toutes les femmes sont dans un état de création qui peut s’exprimer dans divers domaines comme les enfants ou l’art.

Aujourd’hui, vous paraissez plus sereine…
Monica Bellucci. Dans la vie, on évolue, on accepte le temps qui passe. C’est la seule manière de vieillir et de vivre longtemps, ce que je souhaite. En même temps, il y a chez moi une forme de découverte, de regard différent sur la vie. On acquiert une distance très enrichissante, sans renier le passé. On éprouve de l’amour, de la passion, les mêmes choses qu’avant avec une conception moins naïve de l’existence, mais qui n’abîme pas ce sentiment qui nous fait nous sentir vivants. A mon grand étonnement, je constate que, depuis trois ans, on m’offre des rôles très beaux. L’âge adulte m’amène sur un terrain favorable, y compris artistiquement parlant.

On the Milky Road, d’Emir Kusturica. Sortie le 12 juillet.

publié le 12 juillet 2017

Published by: admin
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