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2017, june — ELLE (France) — Ô toi Monica !

Ô toi Monica !

le philosophe Raphaël enthoven a RencontRé pouR nous monica bellucci. et le moins qu’on puisse diRe, c’est qu’il n’a pas été déçu paR cette icône. il nous conte la femme, l’actRice, la déesse qu’elle incaRne dans le nouveau film d’emiR KustuRica.

Il est si rare de n’être pas déçu.
À l’impatient qui devance, par l’imagination, l’heure de la rencontre attendue, la vie ne promet en général que d’immenses désillusions.
Un bouton sur le nez d’une duchesse ou le nez en colimaçon d’un écrivain bien-aimé les font irréversiblement tomber du piédestal où un rêve les avait assis : aucun être n’est à la hauteur du délire qui précède sa rencontre. on songe, on élucubre, on hallucine, on espère un prince ou une reine… et on tombe sur un hanneton. mais nos idoles n’y sont pour rien. est-ce de leur faute si elles existent vraiment ? Comment leur reprocher de nous décevoir? Qui blâmer si, comme nous, elles ont des organes, des furoncles et des pattes-d’oie ? et surtout : comment rester un rêve quand on vous regarde de près ?
Monica Bellucci n’a pas la réponse à cette question.
Elle est la réponse à cette question.
« il faut se dépêcher de s’en gaver de rêves, recommande louis- Ferdinand Céline, pour traverser la vie qui vous attend dehors, sorti du cinéma, durer quelques jours de plus à travers cette atrocité des choses et des hommes… » alors, au seuil d’un entretien qu’on prépare en fermant les yeux, les images assaillent la mémoire involontaire – surtout les baisers.
D’abord, elle est Cléopâtre, debout sur un trône amovible tiré parquelques dizaines d’esclaves, et elle bave sur alain Chabat, dans une embrassade hilarante. puis elle est persephone, gardienne des enfers virtuels dans « matrix reloaded », épouse délaissée par lambert Wilson, qui reçoit comme une distraction le profond baiser de Neo. Ou bien c’est Daniel Craig qui, après s’être présenté (« Bond. James Bond. »), recueille sur ses lèvres le fruit du désespoir et les désirs désordonnés de l’animal blessé. Arrive l’image détestable (à laquelle on se reproche de penser) d’une femme longuement violée dans « Irréversible » – le film affreux de Gaspar Noé dont l’horreur qu’il inspire est à la hauteur du souvenir qu’il laisse. Enfin, la mémoire se console en évoquant la figure plus rassurante, dans « Dobermann », d’une jeune fille sourde et muette qui, les sourcils froncés, menace son ennemi d’un quadruple finger-fucking…
Et ces fantômes la précèdent, la définissent et couvrent son visage d’une infinité de masques. On en plaindrait presque la simple actrice qui a donné le jour à tant de beautés disparates, comme on plaint le comédien que Mia Farrow ne regarde pas (dans « La Rose pourpre du Caire ») alors qu’elle est follement éprise, et aimée, du personnage qu’il incarne.
On a tort. Contre toute attente, quand Monica apparaît, les masques battent en retraite et les personnages s’estompent. Les diamants s’éteignent devant l’écrin. Ces créatures fictives ne lui arrivent pas au talon. Monica Bellucci n’est qu’elle-même et, pourtant, ce n’est pas décevant. « Voici venir la comtesse : maintenant le ciel marche sur la terre », déclare le duc Orsino dans « Le Soir des rois ou Ce que vous voudrez », et on ne saurait mieux dire.
Le contemplatif que le hasard assoit près d’elle une heure durant songe – en l’écoutant de tous ses yeux – à ces « merveilleuses » aux visages fins, et aux jambes croisées à hauteur de soie, qui hantent le salon du Laugh Calvin dans « Voyage au bout de la nuit », et dont l’humble Bardamu se dit qu’elles attendent là des événements très graves et très coûteux. Ou bien, à l’inverse, à ces « imprudences de beauté » aux cuisses amples, qu’il voit au cinéma, espiègles et mutines, frêles, fermes et concises, qui rompent le silence en chantant sur la solitude et donnent à l’incompris le sentiment que, pour un temps seulement, le monde entier s’est converti à l’indulgence…
Altière et souriante, distante ou réconfortante, souveraine ou maternelle, la comédienne est terriblement belle, et c’est comme ça. Sa beauté ne nous regarde pas. Peu lui importent les reflets. La beauté est impérieuse et, surtout, sans miroir. Elle fleurit parce qu’elle fleurit. Les vraies étoiles sont des êtres irréfléchis, qui délèguent l’ego-trip à leurs adorateurs. Entre elle-même et son portrait, Monica choisit elle-même. Nul besoin par conséquent – chez cette survivante de l’Olympe à l’ère des réseaux sociaux – de concevoir la beauté comme un défi au temps. Au contraire. L’enjeu n’est pas, ici-bas, de rester jeune mais,à l’inverse, d’emprunter au temps lui-même le secret de son renouvellement.
Monica Bellucci n’est pas céleste. Elle est présente. Ce qui est plus difficile. Et rare comme un vitrail de peau.
« J’ai changé depuis “Irréversible”, reconnaît-elle, la peau est moins tendue, mon visage est différent… Mais à travers ce nouveau visage, je donne vie à autre chose. Vieillir pour une comédienne, c’est juste modifier son outil de travail. » Comme les stradivarius ou les grands vins, elle fait tourner le temps à son avantage. Aux candides qui, bêtement, ne voient du temps que les méfaits, ou bien aux femmes qui, dans « On the Milky Road », le prochain film de Kusturica, s’ouvrent les mains en touchant les rouages d’une horloge folle, Monica Bellucci montre (et assure) que le temps est aussi un artiste patient qui multiplie le monde en y introduisant des contrastes inédits. La traque de l’éternel est vaine. Seules comptent les vérités périssables, que l’oeil peut toucher. Et n’existent que la persistance du changement, la mobilité de ce qui dure et disparaît, la continuité à l’oeuvre et l’heureuse énigme d’une transfiguration dont les stigmates n’effraient plus.
Monica ressemble à un tableau, mais il reste à peindre. « Je suis belle, ô mortels ! Comme un rêve de chair », eût rectifié Baudelaire, devant cette divinité chtonienne aux yeux bruns. Souvent, pour le meilleur, les Italiennes à la voix cassée inventent des mots. L’une d’elles avait, un jour, finement observé que notre histoire avait démarré « sur les capots de roue ». Au pays de Monica, les concepts apparaissent grâce aux erreurs de français : le « quotidien » devient la « quotidianité », une « échappatoire » retourne à son latin pour devenir « escappatoire » et la « synonymie » mute hardiment en « synalogie »…
Comment s’étonner, dès lors, qu’elle n’ait eu aucun mal à parler serbo-croate (sans le comprendre) dans « On the Milky Road » où elle incarne Nevesta, une femme en fuite ? Comment s’étonner, surtout, que (de son propre aveu) le Serbe insensé ait médiatement pensé à elle pour donner corps, dans son film, au seul amour qui guérisse le héros, Kosta, du désespoir où il se consume depuis la mort de sa famille ?
Car la mort a oublié Kosta et – hormis une oreille arrachée que Nevesta recoud en chantant – plus rien ne le touche. Si, avant de croiser son regard, Kosta (qu’on appelle aussi Pharaon) marche tête haute et calmement au milieu d la mitraille et se protège des balles avec un parapluie, ce n’est pas par fierté, mais par fatigue… « On the Milky Road » est une fable baroque dans laquelle, de l’Odyssée à la Bible, les mythes s’entremêlent et où, sous le prétexte de faire ses adieux à la guerre, Kusturica tire toutes ses cartouches.
Dans ce monde où le danger est accru (et nié) par le refus de la peur, les rapaces dansent au son d’un xylophone de fortune, les oies prennent des bains de sang pour attirer les mouches, les serpents sauvent des vies et un papillon miraculeusement sorti du puits affole des miliciens homicides. Tous les dieux sont cornus. Toutes les idoles ont des pieds de boue… Reste la passion réciproque d’un homme blessé pour une femme qui répand, dans sa course, des jarres de lait sur des cailloux brûlants, et un coup de foudre qui, au milieu des canons, rend la nature au silence des pierres et aux pépiements. « Il n’y a qu’un seul amour dans ce monde, écrit Camus. Étreindre un corps de femme, c’est aussi retenir contre soi cette joie étrange qui descend du ciel vers la mer. » Pour une fois – peut-être la première dans l’oeuvre de Kusturica –, l’amour l’emporte sur l’absurde. Et le rêve d’une autre vie s’estompe, malgré l’horreur, sous le refus de mourir de son vivant ou bien de jouer l’éternité, contre le temps. n « on the milky road », de et avec emir kusturica (2 h 05). en salle le 12 juillet.

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