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Madame Figaro (France) – Monica Bellucci : “Mes filles sont les réponses à toutes mes questions”

La divine Italienne s’est réfugiée sur la Côte basque avec ses deux amours, ses filles, Deva et Léonie. Au programme, un strict repli familial et un retour aux valeurs essentielles. À l’extérieur l’attendent Maria Callas au théâtre et des tournages imminents.

est sur la Côte basque que Monica Bellucci a choisi de se confiner : pas pour la beauté des lieux, mais surtout pour que ses deux filles, Deva, 15 ans, et Léonie, 9 ans, puissent voir leur père, son ex-mari, Vincent Cassel, qui y vit une partie de l’année. À l’ordre du jour, un strict confinement familial – ce qui n’est pas pour déplaire à cette casanière revendiquée, mais forcément anxieuse ces temps-ci. Quand nous sortirons de ce moment hors normes, Monica rejoindra la tournée des Lettres & Mémoires de Maria Callas, qu’elle a joué avec succès au Théâtre Marigny, à Paris, et deux tournages : un film à sketchs («sur les fantasmes») des frères Foenkinos, un autre avec . Interview (téléphonique) avec une très belle âme.

Madame Figaro.Quel est l’état d’esprit du moment ?
Monica Bellucci.Une grande tristesse. Comment ressentir autre chose face à une situation inédite, complexe, terrible ? Je pense évidemment à mon pays, l’Italie, le plus touché en Europe. Ma famille va bien, mais ils sont tous là-bas, en Ombrie et dans la région de Côme, sans parler de tous mes amis à Rome. Forcément, nous vivons tous dans la peur, car l’heure est grave et en même temps, j’ai une entière confiance en la médecine, je suis convaincue qu’on va trouver un médicament puis un vaccin. En attendant, nous sommes dans un état de stand-by. Je suis en «mode avion». Comme l’a dit Eduardo De Filippo, un auteur et acteur napolitain, «la nuit doit passer». Cette nuit-là sera probablement longue et éprouvante, mais elle débouchera nécessairement sur quelque chose de neuf.

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Comment se passent vos journées sur la côte basque, où vous êtes confinée ?
Elles se passent au rythme de mes filles. Elles reçoivent des cours scolaires en vidéo et je surveille ça d’un œil vigilant. Il est indispensable qu’elles aient un cadre. Le reste du temps – et il y en a peu -, je lis des scénarios et j’apprends en italien le texte des Lettres de la Callas puisqu’il est prévu que je joue plus tard cette pièce en Italie. Pour le reste, nous sommes très respectueuses des consignes : nous ne sortons pas.

On sait par ailleurs que vous êtes de nature casanière…
Paradoxalement, j’ai toujours mené une vie casanière et ça n’a jamais été un problème. Cela me ramène à mon enfance en province, en Italie, avec mes parents, mes tantes, mes cousines et ma grand-mère. Cette vie-là, confinée, je la connais déjà, même si on ne peut évidemment pas la comparer à la situation dramatique actuelle. La famille, l’éducation, la maison, ce sont des territoires très familiers pour moi. Évidemment, c’est le contraire de ma vie professionnelle, où je n’ai vécu que dans des hôtels et des avions.

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Que vous apprend le confinement ?
On cherche évidemment des éléments positifs dans tout ça. Et puis on prend connaissance du bilan quotidien des morts, et on est rattrapé par l’angoisse. Mais si, vraiment, on veut donner du sens à cet épisode, peut-être sommes-nous en train de redécouvrir des choses simples, parfois négligées, qui sont pourtant si essentielles dans nos vies. Et les fondamentaux : la famille, l’amitié, l’amour.

Ce confinement vous rapproche encore de vos filles, ce qui ne doit pas déplaire à la mamma italienne vous êtes…
Il n’y a pas de règle. Chacun fait comme il veut et comme il peut, ce que je dis ne vaut que pour moi. Il y a des femmes qui s’accomplissent formidablement bien sans enfants, mais moi, ce qui me donne de la valeur, ce sont mes filles. Et je suis là pour les aimer : cet amour-là, j’en suis persuadée, il donne une solidité pour la vie. C’est aussi le cadeau que j’ai reçu de mes parents. Ils étaient très protecteurs, mais je dois dire qu’ils m’ont aussi laissé une grande autonomie.

J’ai découvert très jeune la liberté, et cela m’a plu. J’ai commencé le mannequinat à 16 ans; j’allais à Milan ou à Paris, puis je retournais sagement au lycée de Città di Castello, près de Pérouse. Ce mouvement, ces allers et retours entre chez moi et l’extérieur m’ont préparée précocement à ma vie d’adulte, qui a toujours été la même en fait, partagée entre l’aventure, le cinéma, mais aussi un repli nécessaire vers la sécurité et la famille. Je me suis construit un monde à moi qui est très ancré dans la réalité.

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À quoi ressemble cette vie plus cachée ?
Elle n’appelle pas de commentaires particuliers : c’est une vie quotidienne relativement simple, faite de rituels et de gestes répétés.

Vous êtes-vous construite avec vos propres règles ?
Ceux qui me connaissent savent que c’est le cas. Je suis très en phase avec qui je suis. Je vous l’ai dit : j’ai organisé une vie familiale solide, une maison chaleureuse pour mes filles. Ce qui me plaît avant tout, c’est de les voir grandir et de les accompagner jusqu’à leur envol. Mes filles sont les réponses à toutes mes questions. C’est quand elles sont nées, et seulement quand elles sont nées, que j’ai compris ma raison d’être sur cette Terre… À chacun son chemin, son expérience et sa révélation, moi, c’est la maternité, c’est comme ça. Et je vous assure que la chair et la spiritualité se rejoignent.

Quid de la folie artistique ?
Ça, je la réserve exclusivement à ma vie extrafamiliale. La folie, celle qui consiste à sortir du cadre, c’est la folie de la créativité et elle est impérative pour une actrice. Quand on joue un personnage – cela tombe sous le sens -, il est nécessaire d’aller vers autre chose, appelons ça abandon, fantaisie ou folie.

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Quelle est votre plus grande folie ?
Je ne suis jamais entrée dans un cadre et je n’ai jamais vraiment répondu aux injonctions sociales. Par exemple, j’ai eu ma première fille à 40 ans. La seconde à 45. Ce n’est pas tout à fait dans les normes. Et puis, je vais là où mon travail m’appelle : j’ai travaillé un peu partout dans le monde, j’ai fait des films, de la télévision, du théâtre aujourd’hui. Je suis une sorte de gitane. Je n’appartiens à aucun clan, aucune famille. Et il y a aussi le fait que je suis une Italienne qui vit en France : plus tout à fait italienne, pas complètement française. Cela présente ses avantages et ses inconvénients…

Où en êtes-vous de votre carrière d’actrice en ce moment ?
Je ne pensais pas que je continuerais aussi loin et que je travaillerais autant avec des jeunes réalisateurs. Rien n’est dû, j’ai beaucoup de chance et l’excitation est toujours là, même si – et c’est heureux – j’ai appris une certaine forme de détachement. Les priorités ne sont pas les mêmes quand on a 20 ans et quand on a mon âge. Je suis surprise qu’on pense à moi pour des personnages aussi différents que Maria Callas au théâtre ou Anita Ekberg, que j’incarne dans The Girl in the Fountain, un film italien.

Ya-t-il des similitudes entre Maria Callas et Monica Bellucci ?
Il y a des résonances. D’abord, c’est une Méditerranéenne, comme moi. Il y a le cosmopolitisme aussi. Et cette fragilité qui s’accompagne d’une grande force, comme c’est souvent le cas chez les gens du spectacle. Mais ce qui me touche le plus chez Callas, c’est cette sensibilité sans limite, ce don de donner une profondeur à tout. C’est une femme qui s’est battue avec son cœur et pour son cœur. Finalement, elle avait un cœur simple et c’est peut-être ça qui l’a tuée…

Vous avez joué Anita Ekberg, l’actrice légendaire de La Dolce Vita. Avez-vous croisé Fellini au début de votre carrière ?
Je n’ai pas eu cet honneur, pas plus que je n’ai rencontré Mastroianni. Les deux comptent parmi mes admirations absolues. En revanche, j’ai croisé les grandes actrices italiennes de l’âge d’or, Gina (Lollobrigida), Claudia (Cardinale), Virna (Lisi) et Sophia (Loren), bien sûr. Sophia, je l’ai vue à Cannes, l’année où Les Merveilles, dans lequel je jouais, a reçu le Grand Prix du Festival. Elle était sublime, une silhouette incroyable, et puis cette discipline de fer qui sautait aux yeux.

(c) Madame Figaro (France)


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